Déposer une certification est un véritable projet stratégique ! Vous affirmez votre expertise, crédibilisez votre offre et participez activement à la reconnaissance des compétences sur le marché du travail. Mais avant de rêver à un enregistrement au Répertoire Spécifique (RS) ou au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), un point mérite toute votre attention. Un point central, fondamental, vital même ! Ce point, c’est le référentiel de compétences.
C’est lui qui donne vie à votre certification. C’est lui qui la structure, la rend légitime, lisible, crédible. Sans un référentiel solide, cohérent et connecté aux besoins du terrain, votre dossier auprès de France compétences risque de s’essouffler avant même la ligne d’arrivée. Alors, comment bâtir ce socle stratégique ? Et surtout, pourquoi est-il si déterminant pour réussir votre enregistrement au RS ?
Le référentiel de compétences : un document technique ? Non… votre boussole stratégique !
Le référentiel de compétences, c’est le moteur de toute certification. Il ne s’agit pas d’un simple document administratif que l’on joint à son dossier : c’est la colonne vertébrale de votre projet. Il décrit, de manière précise et mesurable, les compétences, savoirs, savoir-faire et savoir-être qu’un individu doit maîtriser pour être reconnu comme compétent dans une activité donnée dans le cadre de la certification.
Et cette exigence n’est pas anodine : la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, à l’article L.6113-1 du Code du travail, l’impose clairement. Elle stipule que « les certifications professionnelles enregistrées […] sont définies notamment par un référentiel d’activités, un référentiel de compétences et un référentiel d’évaluation ». En clair, pas de référentiel, pas de reconnaissance !
Mais attention, au Répertoire Spécifique, on parle d’une toute autre logique que celle du RNCP. Ici, il ne s’agit pas de certifier un métier, mais une compétence ou un ensemble de compétences complémentaires à un métier. La nuance est essentielle !
Votre référentiel doit donc être resserré, ciblé, concret. Il doit prouver la valeur ajoutée de la compétence sur le marché du travail.
Et tout commence par une question simple…
Le trio gagnant : activités, compétences, évaluation
LA question à vous poser en premier : quelle activité visée justifie la création de cette certification RS ? Votre référentiel doit décrire les situations professionnelles réelles dans lesquelles la compétence est mobilisée.
À partir de là, il détaille les compétences attendues : ce qu’il faut savoir, savoir-faire et savoir-être pour réussir dans ces situations.
La certification « Développer une offre de formation digitalisée » de Up&Co’m, et enregistrée à France Compétences, par exemple,est composée de 5 compétences :
- C1. Analyser le marché de la formation digitale dans son domaine d’intervention ;
- C2. Identifier les besoins en termes d’accès à la formation de sa cible d’apprenants ;
- C3. Sélectionner les solutions de digitalisation pour son offre de formation ;
- C4. Concevoir des modules pédagogiques digitaux ;
- C5. Configurer un LMS (Learning Management System).
Le référentiel détaille bien chacune des compétences, par exemple, pour la C1 nous avons « C1. Analyser le marché de la formation digitale dans son domaine d’intervention, en identifiant son écosystème (acteurs clés, concurrents…) ainsi que les tendances susceptibles de représenter des opportunités en matière de digitalisation, afin d’orienter son choix de positionnement de son offre de formation digitalisée. »
Par ici pour plus d’infos sur la certification « Développer une offre de formation digitalisée ».
Un autre exemple concret : la certification « Développer son activité avec le webmarketing », et enregistrée à France Compétences, est composée de 6 compétences :
- C1. Définir les objectifs webmarketing de l’entreprise ;
- C2. Concevoir la stratégie webmarketing de l’entreprise ;
- C3. Elaborer le plan d’action webmarketing, en listant, planifiant et affectant les différentes actions à engager ;
- C4. Mettre en œuvre le référencement naturel du site ;
- C5. Mettre en œuvre la communication sur les réseaux sociaux ;
- C6. Elaborer un dispositif de pilotage.
Le référentiel détaille bien chacune des compétences, par exemple, pour la C3 nous avons « C3. Elaborer le plan d’action webmarketing, en listant, planifiant et affectant les différentes actions à engager (optimisation du site web, mise en place d’actions SEO/SEA, diffusion de contenus avec une accessibilité possible aux personnes en situation de handicap, animation de communautés sur les réseaux sociaux, campagnes d’emailing, campagnes d’influence marketing…), afin d’engager sa mise en œuvre. »
Cliquez ici pour plus d’infos sur la certification « Développer son activité avec le webmarketing ».
Et vous, les compétences sont-elles bien détaillées de votre côté ?
Bon à savoir : votre référentiel doit intégrer, de façon contextualisée au domaine de votre certification, les sujets suivants : handicap et inclusivité, sécurité, environnement, digitalisation.
Place à la validation !
Le référentiel d’évaluation précise comment vérifier que la compétence est bien maîtrisée : quelles modalités ? quels critères ? quels niveaux d’exigence ?
C’est cette articulation entre activité, compétence et évaluation qui donne sa force et sa cohérence à votre certification.
Vous pouvez retrouver des exemples de modalités d’évaluation et de critères d’évaluation en étudiant l’un de nos référentiels sur le site de France Compétences, par exemple celui de notre certification « Développer son activité avec le webmarketing ».
Pourquoi le référentiel est la clé de votre succès au RS ?
Parce qu’il traduit votre promesse de qualité ! Au Répertoire Spécifique, chaque mot compte. Votre référentiel doit prouver que la compétence certifiée répond à un besoin économique réel, qu’elle est utilisée sur le terrain et qu’elle apporte une valeur ajoutée aux entreprises comme aux individus.
France compétences ne cherche pas un dossier “propre”. Elle veut des preuves. Des faits. Des résultats.
Selon le Ministère du Travail, le nombre de certifications enregistrées au Répertoire Spécifique a bondi de 43 % entre 2019 et 2023, illustrant l’engouement croissant des organismes pour des certifications plus ciblées, plus flexibles et plus rapidement mobilisables sur le marché de l’emploi (source : France compétences, 2024).
Autrement dit, le RS est devenu le terrain de jeu stratégique des organismes qui veulent élargir leur impact sans se lancer dans la lourdeur du RNCP. Et votre référentiel est la clé qui ouvre cette porte.
Mais attention : un bon référentiel n’est pas qu’un exercice de style. Il doit être précis, mesurable et vivant. Un référentiel figé, c’est une certification qui s’éteint. Un référentiel qui évolue avec les besoins du marché, c’est une certification qui perdure.
Du concept à la reconnaissance : une démarche structurée et progressive
Tout débute par une analyse rigoureuse du besoin : quelle compétence manque aujourd’hui sur le marché ? À qui s’adresse votre certification ? Comment s’intègre-t-elle dans les parcours professionnels existants ? Cette phase est essentielle pour légitimer la création de votre référentiel.
Ensuite vient la rédaction du référentiel lui-même. Une étape où précision rime avec pédagogie. Vous y décrivez les compétences visées, les critères de réussite, les modalités d’évaluation. Tout doit être clair, cohérent, mesurable. Et souvent, s’entourer d’un accompagnement expert vous fera gagner un temps précieux, et évitera bien des allers-retours avec France compétences.
Vient enfin l’heure de démontrer la valeur d’usage de votre certification : insertion professionnelle, retours des entreprises, satisfaction des certifiés. C’est votre argument ultime : votre certification n’est pas théorique, elle est utile, réelle, efficace.
Une dynamique d’innovation et de collaboration
Les organismes certificateurs les plus performants le savent : la qualité d’un référentiel repose sur la co-construction. Impliquer les entreprises, les experts métiers, les branches professionnelles dès le départ, c’est s’assurer que la compétence certifiée correspond aux attentes concrètes du terrain.
Et pourquoi ne pas innover ?
Le Répertoire Spécifique est un espace idéal pour expérimenter de nouvelles formes de reconnaissance : blocs de compétences, badges numériques, certifications partielles évolutives… Ces formats modernes répondent aux besoins de flexibilité des entreprises et des apprenants, tout en renforçant la visibilité de votre offre.
En conclusion : le référentiel, votre tremplin vers la reconnaissance au RS
Le référentiel de compétences n’est pas une annexe de votre dossier, c’est son ADN. Il structure votre certification, légitime votre démarche et révèle votre expertise.
Conçu avec méthode, ancré dans la réalité du marché et nourri par l’expérience terrain, il devient un véritable levier de croissance pour votre organisme.
Alors, ne le voyez plus comme une contrainte administrative, mais comme une opportunité incroyable de valoriser vos savoir-faire. Construisez un référentiel solide, vivant, inspirant, et faites de votre certification au Répertoire Spécifique un outil de reconnaissance puissant au service des professionnels et des entreprises.
Et si vous faisiez le premier pas ? Faites-vous accompagnez sur la création de votre référentiel par des experts et donnez à votre activité de certification toute la légitimité qu’elle mérite !