Aujourd’hui, le mot « certification » est un gage de qualité en matière de formation. Les apprenants la réclament pour sécuriser leur parcours, les financeurs privilégient les dispositifs certifiants, et les entreprises veulent des compétences vérifiables. Pour un organisme de formation, ajouter une dimension certifiante à son offre n’est plus une option : c’est un vrai levier de crédibilité et d’accès aux financements publics !
Mais attention : entrer dans le monde des certifications ne s’improvise pas. Tout est strictement encadré par France Compétences, l’autorité qui enregistre et contrôle les certifications au RNCP et au RS. Le cadre est défini dans l’article L6113-1 du Code du travail, qui précise les objectifs et la portée des certifications professionnelles.
Concrètement, comment faire ? Voyons ensemble les étapes clés…
1. RNCP ou RS ? Faites le bon choix dès le départ
C’est ici que tout commence, car sans cette première étape stratégique, vous serez perdu ! Pour commencer, déterminez si votre projet correspond à un métier complet (RNCP) ou à une compétence ciblée (RS).
Par définition, le RNCP ou Répertoire national des certifications professionnelles concerne les certifications qui correspondent à des métiers complets, avec un niveau de qualification (CAP, Bac, Licence, Master, etc.). On y parle de « blocs de compétences », un titre professionnel de gestionnaire de paie par exemple.
Le RS ou Répertoire spécifique, lui, enregistre des certifications plus ciblées et opérationnelles, centrées sur des compétences transversales telles : optimiser son site pour le référencement naturel, animer des formations professionnelles, développer un plan webmarketing, etc.
Concrètement, à cette étape :
- Définissez si votre projet correspond à un métier complet (RNCP) ou à une compétence spécifique (RS) ;
- Étudiez les certifications déjà enregistrées sur France Compétences. Votre idée existe déjà ? Démontrez votre valeur ajoutée et différenciez-vous dans la façon d’organiser les compétences;
Les chiffres illustrent bien l’importance de préparer un dossier solide dès le départ ! Sur le terrain, 66,8 % des demandes RNCP ont été acceptées en 2024 contre 39,3 % pour le RS (source : Digi-Certif).
Vous êtes maintenant décidé ?
Il est temps de passer à l’étape suivante.
2. Justifiez la valeur d’usage sur le marché
France Compétences attend des preuves concrètes que la compétence certifiée répond à un besoin réel du marché du travail. Cela suppose de documenter la demande : offres d’emploi, enquêtes auprès d’employeurs, statistiques sectorielles (INSEE, Dares, Centre Inffo).
À ce stade, montez une étude d’opportunité qui démontre que les compétences visées par votre référentiel de compétences sont demandées :
- Recueillez des offres d’emploi qui mentionnent la compétence ;
- Interrogez des employeurs et professionnels du secteur (enquêtes, interviews, questionnaires) ;
- Analysez des rapports sectoriels ou statistiques (INSEE, Dares, Centre Inffo).
Oui, mais concrètement… ?
Produisez un dossier avec des preuves chiffrées : un tableau comparant offres d’emploi et compétences visées par exemple, des statistiques issues de l’INSEE ou de Pôle emploi, des témoignages d’entreprises confirmant leur intérêt pour des profils certifiés…
Et une fois que vous avez justifié la valeur d’usage sur le marché, commencez par structurer votre référentiel.
3. Construisez un référentiel de compétences précis et mesurable
Le référentiel de compétences est la colonne vertébrale de votre certification. Sans lui, le dossier ne tient pas !
Ici, exit les phrases vagues comme « savoir utiliser un logiciel » ! Il faut de la précision, comme « Elaborer un dispositif de pilotage permettant à partir d’indicateurs de performance de mettre en correspondance les ressources mobilisées (humaines, technologiques, financières…) avec les résultats obtenus (taux de transformation, acquisition de prospects, abonnés, clients…) afin d’identifier les écarts éventuels par rapport aux objectifs fixés et y apporter des solutions correctives.».
Concrètement, ça donne quoi ?
- Listez les compétences réellement exigées en situation professionnelle ;
- Formulez en verbes d’action concrets (concevoir, paramétrer, analyser, etc.) ;
- Précisez au maximum le contexte de la compétence ;
- Définissez des indicateurs de réussite (qualité, temps, conformité à un cahier des charges).
Passons maintenant à l’étape suivante.
4. Prévoyez un dispositif d’évaluation crédible
France Compétences insiste : on ne certifie pas sur la base d’une assiduité, mais sur la preuve de compétences en situation réelle.
Cela suppose un référentiel d’évaluation aligné sur vos compétences comme une étude de cas, un projet professionnel, une soutenance devant un jury… Le tout doit être standardisé et validé par un jury indépendant.
Concrètement, vous devez :
- Déterminer pour chaque compétence la méthode d’évaluation (examen écrit, projet, mise en situation réelle, oral, etc.) ;
- Définir des grilles d’évaluation avec des critères objectifs ;
- Prévoir la constitution d’un jury comprenant des professionnels extérieurs, afin de garantir l’impartialité.
Ce principe est d’ailleurs inscrit dans l’article R6113-7 du Code du travail.
5. Définissez les modalités d’accès et d’organisation
Au-delà du référentiel, pensez à préciser comment la certification sera accessible. Cela inclut la durée, les modalités pédagogiques (présentiel, distanciel, hybride), les prérequis éventuels et l’ ouverture à la Validation des acquis de l’expérience (VAE).
Qu’est-ce que cela signifie ?
- Rédigez une fiche descriptive des conditions d’accès ;
- Prévoyez un règlement de certification (modalités d’inscription, déroulement des épreuves, rattrapage, conservation des résultats) ;
- Garantissez que des candidats externes (hors formation) peuvent passer l’évaluation via la VAE, comme le prévoit l’article L6411-1 du Code du travail.
Ces éléments assurent l’équité et la conformité.
6. Montez et déposez le dossier France Compétences
C’est l’étape finale. Le dossier doit inclure :
- L’étude d’opportunité agrémentée de lettres de valeur d’usage.
- Le référentiel de compétences et d’évaluation.
- Vos réglementations.
- Votre processus de contrôle des partenaires si vous comptez habiliter des organismes de formation à préparer votre certification.
Tout se dépose en ligne via le portail de France Compétences.
7. Garantir le suivi et la qualité dans la durée
Une certification enregistrée n’est pas acquise à vie. France Compétences peut suspendre ou radier une certification si le suivi n’est pas assuré.
En pratique, vous devez conserver les procès-verbaux des jurys, archiver les résultats, suivre l’insertion professionnelle des certifiés et transmettre des bilans réguliers à France Compétences.
Concrètement :
- Mettez en place un système de gestion documentaire (procès-verbaux de jurys, grilles d’évaluation archivées) ;
- Suivez l’insertion professionnelle des certifiés et transmettez les résultats ;
Sans ce suivi, France Compétences peut suspendre ou radier votre certification.
8. Valoriser et faire financer les formations préparant à votre certification
Une fois validée, votre certification devient un formidable levier ! Elle permet de rendre les formations certifiantes et éligibles au CPF.
Pour rendre vos formations accessibles via le CPF, intégrez-la dans l’espace EDOF, le site pour référencer son offre sur Mon Compte Formation.
En 2024, le catalogue CPF recensait environ 184 500 formations certifiantes proposées par 13 700 organismes. Autant dire que l’offre est dense !
À vous de savoir vous démarquer en valorisant clairement votre certification dans votre communication.
À cette étape :
- Publiez votre formation préparant à la certification sur « Mon Compte Formation » via l’espace EDOF ;
- Mettez à jour vos supports de communication en mentionnant « Certification enregistrée au RS/RNCP par France Compétences sous le numéro XXX » et tous les éléments de communication mis en place avec votre réglementation ;
- Formez vos équipes commerciales à valoriser cet argument auprès des prospects.
En conclusion
Proposer une formation certifiante est un projet complet, avec des référentiels précis, des évaluations rigoureuses, une gouvernance claire et un suivi permanent.
La vigilance de France Compétences est de plus en plus forte, vous devez faire preuve de rigueur et de transparence !
En résumé, une certification est une promesse faite aux apprenants et aux employeurs. Il s’agit donc d’une véritable marque de confiance ! Et comme toute promesse, elle engage dans la durée.
Vous souhaitez proposer une formation certifiante sans déposer vous-même une certification ?
Un projet de dépôt de certification est un travail exigeant et prenant plusieurs mois. Être certificateur est un métier différent d’organisme de formation.
Vous adosser à un certificateur déjà reconnu est une solution plus simple. Dans ce cas, vous devenez organisme préparateur où il vous suffit de préparer vos stagiaires à une certification existante, via une convention d’habilitation.
L’intérêt est double.
D’un côté, vous crédibilisez immédiatement votre offre, car vos apprenants repartent avec une certification officielle et reconnue. De l’autre, vos parcours deviennent éligibles aux financements publics (CPF, OPCO, Pole Emploi), ce qui facilite considérablement la commercialisation.
Vous pouvez faire une demande d’habilitation pour nos certifications Up&Co’m et préparer vos stagiaires à l’une de nos certifications reconnues :
- Développer son activité avec le webmarketing ;
- Développer son activité avec le référencement naturel ;
- Développer son activité avec le community management ;
- Créer et développer une activité de formation professionnelle ;
- Développer une offre de formation digitalisée ;
- Développer son activité avec l’Intelligence Artificielle.
Ce partenariat crédibilise immédiatement vos parcours et les rend éligibles aux financements publics. Parallèlement, il vous donne accès à des référentiels complets, à un suivi permanent et, en option, à des supports pédagogiques prêts à l’emploi.